La Nuit qui s’annonce, Carl-Henning Wijkmark, éd. Cénomane, 2009 – traduit du suédois par Philippe Bouquet

« Seul celui qui est sans illusion est vraiment libre. »
Dans cette unité de soins palliatifs où deux infirmières, Birgit, la maternelle, et Angela, l’érotique, veillent de leur mieux sur les agonisants, Hasse n’a que deux consolations : les rêves que lui inspirent les piqûres de morphine et le passage d’un jeune bibliothécaire – car il a décidé de lire tout ce qu’il peut sur la mort avant de mourir. Entre veille, lectures et rêveries, il revoit sa vie, sa carrière d’acteur, ses amours, et, bien que son état se dégrade, il lui reste encore la volonté d’exister : « La mort, quel gâchis malgré tout », ironise-t-il. Pourtant, il y a déjà eu tant de morts, dans l’histoire humaine, qu’est-ce qu’un de plus ? Et l’éternité qui l’attend, n’existait-elle pas déjà avant sa naissance ?…
Dans ce roman sur la mort écrit à la première personne, où l’on croise Cioran, Thomas Mann, les livres des morts égyptien et tibétain, Carl-Henning Wijkmark aborde avec sensibilité, humour et pudeur, les grandes questions morales et existentielles, qu’il développe en subtiles notations : par exemple que la mort commence dès que l’on n’est plus aimé (alors « on est déjà mort, pour l’essentiel »), ou encore que plus on s’affaiblit moins on a envie de mourir et que l’instinct érotique meurt en dernier. Il analyse aussi la place de la mort dans nos sociétés, constatant que la technique est désormais un prétexte aux économies, ou s’étonnant qu’on se soucie si peu de dignité pendant la vie, et qu’on s’en préoccupe tant lorsque la nuit s’annonce…
Romancier et essayiste, né en 1934, à Stockholm, Carl-Henning Wijkmark, fut critique littéraire, journaliste, traducteur (Lautréamont, Nietzsche, Benjamin). Depuis 1970, il s’est entièrement consacré à la création littéraire.
Son œuvre a été révélée au public français, en 1986, avec La Draisine (Actes Sud). Il fut alors le premier écrivain suédois invité à la télévision française (par Bernard Pivot).
Depuis, ont été publiés Da Capo (Belfond, 1996), Toi qui n’existes pas (Esprit ouvert, 2003), Derniers jours (Cénomane, 2007) et La nuit qui s’annonce (Cénomane, 2009) – sorte d’avers subjectif et sensible de La Mort moderne (réédition Cénomane, 2009)–, qui a reçu dès sa parution en Suède en 2007, le prestigieux prix August.
Vient de paraître : Le Mur noir (Cénomane).
Voir la note de lecture sur le Centre national du livre
Autres titres aux éditions Cénomane :
Derniers jours, 2007
La Mort moderne, réédition 2009
Le Mur noir, 2011
1962, éd. Actes Sud, 1987 (épuisé)
La Draisine, éd. Actes Sud, 1989
Da capo, éd. Belfond, 1996
Toi qui n’existes pas, éd. Esprit ouvert, 2003
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