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A M. Gaétan Soucy

Cher auteur,

Au départ, votre titre m’interrogea. Au dos, la quatrième de couverture n’était guère éclairante et l’idée me vint que vous alliez me faire prendre des vessies pour des lanternes même si Alberto Manguel me promettait le choix du voyage dans cette histoire… Tout cela restait énigmatique et forcément irrésistible. En littérature comme au cinéma, je suis plutôt bon public et, quelquefois aussi, féroce…, notamment si je suis déçue. Vous êtes prévenu !

L’entrée, plutôt sinistre, dans un hôpital psychiatrique ne m’enchanta pas. Le match délirant entre le Cabotin arpentant la salle, regard provocateur, et l’Acteur, un échalas anorexique, raide comme un I, perché sur un pied, emmanché d’un long cou… (excusez-moi, je m’égare) était somme toute un classique de la psychiatrie. Je ne voyais pas vraiment où vous vouliez en venir. Ensuite, j’entrais dans l’intimité de vos rapports avec Coco puis j’attrapais l’autobus et y trouvais une enfant triste emmitouflée dans une fourrure. Enfin, vous choisissiez de ne pas parler de son père à une jeune femme inconnue. J’ai parcouru tout d’une traite comme on boit une menthe à l’eau glacée un jour de grande chaleur.

Quelques heures après la fin de la lecture, repensant à vos histoires, l’image de poupées gigognes m’est venue à l’esprit. Oui, c’est cela ! Votre texte fonctionne comme ces petites boîtes qui délivrent une surprise puis une autre et encore une, jusqu’à la dernière. Séparées, elles sont orphelines, comme chacune de vos histoires où un  personnage, déjà croisé, ouvre une porte alors que je ne l’attends ni à cet endroit ni maintenant. Effet de surprise ! Stratégie d’auteur ? C’était comme un clin d’œil que vous m’adressiez entre deux lignes. « Je t’ai bien eu !» chuchotiez-vous, suffisamment bas pour ne pas provoquer de réactions irrémédiables. Après m’avoir égaré dans le temps du récit, un rebondissement affecta la narration. Vous n’étiez plus l’auteur! Mais qui était-ce ? Je me suis si bien perdue dans votre labyrinthe qu’une seconde lecture s’imposa.

Relire un livre oublié est une expérience intéressante. Ici, la relecture ne souffrit pas de délai. Attentive, je traquais les indices semeurs de zizanie dans la construction du récit. Et vos accidentés de la vie, piégés dans un univers clos, incarnèrent alors deux visions du monde : le faire et l’être, l’agitation contre la résilience. Tout en finesse, vous aviez mis en scène le combat des sans voix, des regards perdus, de la dignité qui tient debout, jusqu’au bout, face à ceux qui, croyant tisser le destin du monde, le mènent à sa perte ? Et me voici à réfléchir sur les valeurs et les rapports humains. Et me voici exhumant de ma mémoire tous les cabotins et les acteurs croisés au hasard de ma route ?

Pour l’excitation survenue lors de la découverte de votre écriture et pour toute son humanité révélée par la suite, merci cher auteur.

Catherine Akpo, Royan, 56 ans

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Revivez (ou découvrez) la rencontre avec Gaétan Soucy à la librairie des Halles à Niort (79)

Visionner la présentation de Gaétan Soucy sur dailymotion

Visionner la lecture de L’Angoisse du héron par Jean-François Rousseau sur dailymotion

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Patrick Frêche, responsable de la librairie du Rivage à Royan, a particulièrement aimé les livres de deux invités du festival Passeurs de monde(s) 2009 : Serge Delaive (Belgique) et Gaétan Soucy (Canada).

Il nous en parle…

delaiveL’Homme sans mémoire
de Serge Delaive,
 éditions de La Différence
Il est des rencontres littéraires qui marquent notre vie, à tout âge. La lecture d’Argentine de Serge Delaive, paru récemment à La Différence, avait déjà fait naître des images inoubliables comme ce photographe des nuages dont l’appareil ne pouvait plus pointer sur un monde terrestre en décomposition. La poursuite de la découverte de l’œuvre de Serge Delaive, écrivain et poète né à Liège en 1965, nous a menés à L’Homme sans mémoire, livre inclassable d’une invention poétique exceptionnelle, faisant appel à une acuité sensorielle extraordinaire et à l’animal qui est en nous. Récit en dehors du temps, magie des images et des émotions, L’Homme sans mémoire hante la nôtre.

Note de l’éditeur :
 Un homme sans nom, à la recherche de sa mémoire, un enfant, une femme, une ourse et Ney. Cinq personnages, peut-être quatre, peut-être un seul en train de rêver, se frôlent en quête de réponses à des questions informulées dans ce récit atemporel, rythmé en courts chapitres.

heron

L’Angoisse du héron (suivi de l’angoisse du lecteur par Alberto Manguel)
de Gaétan Soucy, 
éditions L’Escampette.
« En littérature, les choses ne sont pas racontées parce qu’elles se produisent ; elles se produisent parce qu’elles sont racontées ». Ainsi Alberto Manguel, dans son angoisse du lecteur, met-il la fiction en perspective quand Gaétan Soucy nous en donne une exemplaire démonstration. Conte, fable, nouvelle, c’est toute la puissance des mots et le pouvoir de la narration que nous fait toucher ce texte court, dense et profond.
Deux « piqués de la tête » nous jouent le spectacle du monde, on croit connaître l’histoire mais une autre couche du récit nous révèle Coco, peintre raté, témoin du jeu de l’Acteur et du Cabotin, puis l’ultime narrateur, ami de Coco, et lucide victime de ses illusions.
Merci à l’escampette de reprendre la collection du Cabinet de lecture d’Alberto Manguel et de nous offrir ce pur joyau.

Retrouvez d’autres coups de cœur de Patrick Frêche et de son équipe sur le site de la librairie du Rivage.
& rencontrez Serge Delaive à Royan le vendredi 16 octobre à 18h00.

Pour connaître toutes les dates de rencontres avec Serge Delaive et Gaétan Soucy, consultez les tags sur ce blog…

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19 octobre 2009
18h30

Niort (79) La Librairie, des Halles – 1 bis rue Thiers (05 49 04 05 03)
• Rencontre avec les écrivains canadiens Alberto Manguel et Gaétan Soucy et l’éditeur Claude Rouquet (L’Escampette)
Animée par Martine Laval (Télérama)

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17 octobre 2009
17h30

La Rochelle (17) Librairie Les Saisons – 2 rue Saint-Nicolas (05 46 37 64 18)
• Rencontre avec l’écrivain canadien Gaétan Soucy
Animée par Olivier Carrérot
• Lecture par le comédien René-Claude Girault