Manuel Rivas
La langue des papillons
et autres nouvelles
Que ne connaissez-vous la Galice et les galiciens ? L’âpreté de ses paysages de mer et de montagne, la rigueur de son climat?
Qui mieux que Manuel Rivas pouvait nous faire découvrir ce peuple, lui enfant de ce pays, né en 1957 à La Corogne. Pays avec lequel il fait corps…et âmes !!! Âmes que l’on découvre dans une suite de nouvelles dont l’écriture nous enchante par la force des mots et la poésie qui s’en dégage.
Pour preuve, cette phrase : « On aurait dit qu’elle cousait avec le fil de ses cils »
Puis cette autre : « Le vent répandait, comme poussière de lune, un parfum de feu apaisé .»
Paysans et marins sont les acteurs d’une série d’aventures où se mêlent réel et fantastique… Où la mort n’hésite pas à pénétrer!
Comme cette femme enfant attaquée autrefois par des loups.
Cet instituteur républicain au grand cœur ? aussi laid qu’une bestiole ? Arrêté par les franquistes, conspué par les villageois apeurés, qui suscite la révolte d’un enfant !
Ce mort, qui de son cercueil, passe en revue les personnes qui sont présentes à sa veillée funèbre!
L’accablement de ce garçon qui part, la faim au ventre, avec son ticket de rationnement, dans des ténèbres où terre et ciel se rejoignent pour l’engloutir, le broyer. Puis son retour triomphant, baguette sous le bras, avec « ce pain qui avait la couleur de l’or » … dans un paysage merveilleux, enchanteur … Par petites bouchées, le pain glisse entre ses lèvres jusqu’à la dernière miette !.. Mais que va dire sa mère à son retour?…
Et puis cette mer glacée, impitoyable, qui soumet les plus durs!
La fascination, la peur, la lâcheté mais aussi l’amour, le respect et la pudeur qui émanent de ces nouvelles nous les rendent profondément universelles.
Ce monde authentique, dont nous avons trop tendance à nous éloigner, nous attire et nous envoûte à chacune de ses pages !
Marie-Luce Joubert, Saint-Georges-des-Coteaux (17), 60 ans
Alloue (16) Maison du Comédien Maria Casarès – Domaine de la Vergne (05 45 31 81 22)
Lectures par Anne Alvaro de textes de Manuel Rivas, extraits du roman L’Éclat dans l’abîme : mémoire d’un autodafé (éd. Gallimard).
Rencontre animée par Danielle Schramm.
Actrice française de théâtre et de cinéma, Anne Alvaro s’est fait connaître d’un large public dans le film d’Agnès Jaoui, Le Goût des autres. Le Molière de la meilleure comédienne lui a été attribué en 2009 pour sa participation à la pièce Gertrude (Le Cri) de Howard Barker. Elle est l’un des fidèles soutiens de la Maison du Comédien Maria Casarès, depuis sa création en 1999.
Dans son roman L’Éclat dans l’abîme, Manuel Rivas raconte un fait historique, l’autodafé qui eut lieu sur le port de La Corogne, le 19 août 1936, quelques semaines après le pronunciamiento du général Franco et le début de la guerre civile espagnole… Il était de notoriété publique que Santiago Casarès possédait la plus riche bibliothèque privée de toute la ville. Pendant l’autodafé, une page de garde à demi brûlée porte encore l’ex-libris de la bibliothèque de ce ministre républicain qui doit fuir la Galice et se retrouve exilé en France avec sa fille Vitola, la future Maria Casarès…
Mauléon (79) Bibliothèque municipale – Place de l’hôtel de ville (05 49 81 17 14)
• Rencontre avec le romancier espagnol Manuel Rivas
Animée par Martine Laval (Télérama)
• Lecture par le comédien René-Claude Girault
Séance organisée en collaboration avec la Bibliothèque départementale des Deux-Sèvres Vente de livres assurée par la librairie Prologue (Cholet)
Commentaires récents